Forum RPG sur la série Once Upon A Time
 
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 ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]

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Jafar
MessageSujet: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Dim 24 Mar - 16:31




Le dernier jour du reste de votre vie

Une mauvaise nuit, un mauvais pressentiment. Je vaque à mes occupations comme à mon habitude. Mes gestes mécaniques ne sont nullement perturbés. Rien ne laisse présager que cette journée sera un tournant dans nos vies aseptisées. Je ne saurais dire ni comment ni pourquoi, mais quelque chose se trame dans l’air. Un instinct paranormal s’évertue à me dire que de grands changements sont sur le point de transformer notre bonne vieille Storybrooke en champ de bataille…La météo corrobore largement mes hypothèses. Le ciel printanier se couvre de lourds nuages orageux. Rien ne bon ne peut advenir désormais.

Je m’octroie une matinée de travail intensif avant de fermer boutique. En ce début d’après-midi, l’électricité dans l’atmosphère rend les gens particulièrement nerveux. Moi-même j’ai l’impression d’être à fleur de peau ; le moindre désagrément pourrait me faire sortir de mes gonds en un instant. C’est ce qui arrive quand un mec à bicyclette me fonce dessus. Je l’évite de peu et il se prend l’engueulade de sa vie. (Cela dit, qu’on soit à la veille de l’Armageddon ou pas, j’aurais agi de manière égale avec l’abruti de service)

Je presse le pas. Je ne tolère aucun retard et cette discipline s’applique à moi-même évidemment. Une jolie devanture se dresse devant moi, celle-ci est à la hauteur du personnage exubérant qui l’abrite. J’ai pris rendez-vous avec LA couturière de la ville, j’ai nommé Céleste Turkis. Une grande dame du métier. Le genre de personne, voyez-vous, qui a toute mon estime et avec qui on apprécie un déjeuner à l’occasion.

« Bonjour très chère. »

Je suis un client récurrent, dont le portefeuille apporte la notoriété nécessaire. Le luxe du magasin saute aux yeux. Rubans enlacés, miroirs, parfum coloré, esthétique calculée, effet assuré. Flacons brillants et vêtements aux coupes insolentes. Pas de doute, me voilà dans son domaine. Nous échangeons un sourire de connivence. Voyons voir ce qu’elle m’a mijoté ce coup-ci. J’ai rarement besoin d’expliciter mes envies, elle lit directement dans mes yeux ce qui me plairait. Ses costumes sont toujours sobres mais chics et parfaitement ajustés. Rien ne lui échappe. Avec elle, pas de chichi, on ne tourne pas autour du pot. Elle va droit au but.

°•..•°¯°•..•°¯°• •°¯°•..•°¯°•..•°
Quand le tonnerre débute sa symphonie macabre et que la pluie commence à tambouriner contre les vitres, redoublant de virulence à chaque minute, Céleste s’affaire autour de moi en prenant mes mesures, armée de son mètre fétiche et de ses aiguilles. J’observe ce qui se passe à l’extérieur avec une certaine appréhension tout de même. « Je présume que les affaires prospèrent. » Simple remarque formelle. Je suis souvent à court de paroles dans ces cas-là, ne souhaitant pas la déconcentrer. Un sourire sournois me vient aux lèvres cependant.

« Je crois qu’on a de la visite… »


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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Lun 25 Mar - 13:36

Céleste & Eléazar & Isabella & Mary Margaret
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« Je me suis dit que… » « Non. » Amélia, ou qu’importe son nom, avait la fâcheuse tendance de donner son avis à tout bout de champ. Or ce n’était pas son travail. « Mais je… » « Je ne vous paye pas pour que vous utilisiez – si mal soit-dit en passant – votre cerveau. Arrêtez de réfléchir et travaillez. » Le tout avait été dit d’un ton totalement détaché sans même que je ne lève les yeux de la veste sur laquelle je travaillais. Un simple mouvement de la main et je la congédiai. J’avais bien mieux à faire que d’écouter les idées totalement inintéressantes d’une personne si peu importante.

Une fenêtre s’ouvrit sur mon notebook, celle des rendez-vous, m’indiquant qu’Eléazar Mordred, l’un de mes meilleurs clients, n’allait plus tard. Il avait passé commande quelques jours plus tôt pour un nouveau costume, du haut de gamme, du travail de précision et d’excellence que j’avais préféré faire moi-même de A à Z. J’avais certes les petites mains de Storybrooke les plus qualifiées, je tenais cependant à m’occuper seule des grands clients de la boutique – la maire de la ville en faisant partie. « Monsieur Mordred arrive. » Dis-je en me remettant à coudre des petits sequins sur les épaulettes d’une veste. Cette information suffit à susciter une vague de précipitation dans toute la boutique. Chacune de mes employées savait ce qu’elle avait à faire. Préparer du thé ou du café, débarrasser le client de son manteau et autre affaires superflues, apporter des journaux illustrant les dernières tendances en matières de Mode, le nouveau catalogue D’enfer, etc. Les talons au sol cliquetaient à tout va, suivant les mouvements pressés de leurs porteuses.

Une dernière couture et je tendis la veste. « A ranger dans les créations en cours. » Je me levai de mon fauteuil, ordonnait qu’on rangeât le matériel éparpillé sur la table de travail et me dirigeai vers l’entrée de la boutique. La clochette tinta, il était là. « Bonjour très chère. » Un sourire illumina mon visage cependant que mes petites travailleuses s’empressaient de mettre à son aise le nouveau venu. « Quel plaisir de vous voir ! » Dis-je en lui faisant gracieusement la bise – rare personne à y avoir le droit.

Eléazar sortit de derrière l’immense paravent, se présentant convenablement vêtu du nouveau costume que je lui avais confectionné. Celui-ci était sombre comme toujours, mais la finesse du coton ajoutait un air décontracté annonciateur des beaux jours de printemps. Adieu l’angora, le cachemire et la laine, place à la légèreté. Pour ajouter à l’élégance nécessaire à un homme tel qu’Eléazar, toutes les doublures étaient en soie. Comme toujours, Eléazar le portait parfaitement bien, excepté les manches. «Il va falloir raccourcir un peu, venez. » Il n’avait plus à attendre mes indications, il avait à présent l’habitude. Il se positionna sur l’estrade et je me mis à mesurer, lisser, couper, épingler, etc. Non loin de moi, au dehors, du mouvement attira mon attention. « Gold quitte sa tanière, c’est chose rare. » Nous étions en pleine après-midi et, Eléazar absent, il n’était pas habituel que Gold ferme sa boutique. Son ‘second’ devait sans doute savoir ce que le propriétaire allait faire, mais je ne m’y intéressais pas vraiment. « Je présume que les affaires prospèrent. » Je pris le recul nécessaire pour avoir une vue d’ensemble et lui demandai de bouger les bras. « Je n’ai pas à me plaindre. Vous faites de nouveau du sport, c’est bien. » Lâchai-je en me rapprochant de nouveau de lui. Effectivement, les muscles de ses bras – bien que se fut presque invisible à l’œil-nu – s’étaient légèrement développés depuis sa dernière visite. Je le regardai d’un œil un peu sceptique – les changements ne sont jamais anodins – mais préférai garder le silence pour le moment.

Son regard se mit à valser régulièrement entre la fenêtre et le reste de la pièce et je mis quelques temps à me rendre compte qu’il s’était mis à pleuvoir dehors. Le ciel s’était assombri et des gouttes de plus en plus grosses s’écrasaient contre la fenêtre. Je fronçai les sourcils. « Les affaires ne risquent pas de prospérer longtemps. Qui voudrait porter des robes printanières avec ce temps ? » «Je crois qu’on a de la visite… » Je piquai une dernière épingle dans le bas de la manche et me retournai lorsque la clochette tinta de nouveau. Presque trempées de la tête aux pieds entraient l’institutrice Marie-quelque-chose et Isabella, une jeune femme que Gold avait propulsée au rang de cliente régulière du Lady d’Enfer. Je baissai les yeux vers les flaques qui se formaient sur le marbre sous leurs pieds et fis une grimace consternée. « Quelqu’un pourrait-il apporter un tapis ? Mais pourquoi personne ne travaille ici ? C’est infernal. » Sur quoi je reportai de nouveau mon attention sur mon client. Après un certain temps cependant, je finis par demander « Que puis-je pour vous mesdemoiselles ? »

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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Mar 26 Mar - 17:15


Les jours avaient passé, puis les semaines, et depuis tout ce temps, elle n’avait jamais eu de réelle raison de penser qu’elle puisse être retrouvée et de nouveau enfermée à l’hôpital. C’était étrange d’ailleurs, comme si à l’exception d’elle-même, de Régina Mills, de Jefferson et de Mr Gold, personne n’avait su où elle se trouvait durant tout ce temps, et personne ne semblait même savoir qu’elle existait, qu’elle avait existé un jour, avant tout ça. Elle ne pouvait s’empêcher de se poser des questions, beaucoup de questions à ce sujet, sans parvenir à en trouver les réponses. Elle était néanmoins bien plus tranquille au fur et à mesure que les semaines passaient. Bien sûr, le risque existait toujours, le risque qu’un jour elle soit de nouveau capturée, mais elle avait de moins en moins peur lorsqu’elle sortait seule dans la rue alors que son protecteur se trouvait chez lui.

Cependant, quelque chose d’autre la préoccupait, quelque chose qui, à ses yeux, était bien plus important. Car ses souvenirs n’étaient toujours pas revenus, pas même quelques images. Rien. Les seuls qu’elle possédait étaient celles qu’elle avait pu obtenir grâce à Edward principalement, mais elle savait bien que tout ceci ne venait pas d’elle et c’était réellement frustrant. Elle ne parvenait pas non plus à se souvenir de ce qu’elle avait ressenti pour lui. Elle l’aimait beaucoup, c’était certain. Elle éprouvait pour lui de la reconnaissance, ainsi qu’une profonde affection, mais elle ne parvenait pas à avoir ce déclic qu’elle avait tant espéré, un déclic qui lui permettrait de comprendre ce qui lui était arrivé et surtout, de retrouver sa vie passée. Mais pour le moment, rien à faire. Elle aurait dû sans doute se montrer patiente, attendre que cela vienne, mais elle commençait à perdre patience. Combien de temps cela durerait-il encore ? Elle l’ignorait, mais heureusement, son existence lui apportait certaines satisfactions qui lui permettaient de tourner son esprit ailleurs.

Depuis que Mr Gold lui avait offert les clefs de la bibliothèque, elle avait retrouvé un semblant de vie normale et avait de plus l’occasion de passer ses journées avec ses si précieux livres, ceux qui lui avaient tant apporté dans les pires moments de son existence. Ce jour là, la bibliothèque n’ouvrait que le matin et dès sa pause déjeuner terminée, elle ferma les lieux, prévoyant de rentrer chez elle lire un peu. Elle s’avança dans le centre-ville, mais à peine eut-elle marché quelques mètres que, sans prévenir, le ciel s’assombrit. Quelques secondes plus tard, un coup de tonnerre, suivi de peu par une pluie torrentielle. Elle eut beau courir, elle fut trempée en quelques minutes à peine. Malheureusement, elle était venue à pied et il lui faudrait marcher encore un peu avant d’atteindre la demeure d’Edward.

C’est alors qu’elle s’aperçut qu’elle se trouvait devant la devanture de Céleste Turkis, fameuse créatrice de mode chez qui elle s’habillait grâce à Gold. Même si elle appréciait la qualité des vêtements, elle ne pouvait s’empêcher d’être mal à l’aise face à la propriétaire des lieux qui lui donnait sans cesse l’impression d’être une petite fille interrogée par sa terrifiante maîtresse d’école. Mais elle n’avait pas vraiment le choix. C’est alors qu’elle vit juste devant elle une jeune femme brune aux cheveux courts, qui lui était totalement inconnue. Mais peu importe, mieux valait s’entraider. « Il faut s’abriter, venez ! » D’un geste, elle l’invita à la suivre à l’intérieur de la boutique. Elle se retrouva face à la créatrice qui leur demanda la raison de leur présence. « Eum... Serait-il possible de nous abriter le temps que la pluie s’arrête ? » Elle se sentait presque gênée de ne pas lui répondre qu’elle voulait acheter quelque chose. Ce qui était absurde. Elle avait bien le droit d’entrer dans une boutique. Mais la présence et le regard de Céleste avaient quelque chose de profondément intimidant.
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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Mer 27 Mar - 1:37


Le reveil sonna et pour la première fois, je me sentais de nouveau une femme normale et surtout innocente. Mon nom avait été lavé de cette accusation de meurtre, mais mon coeur était brisé. La première personne à qui je pensai était David. David... Mon coeur à ce moment-là se serra dans ma poitrine. Vous savez, cette douleur qui vous empêche de respirer, de penser à autre chose que la personne qui vous a meurtrie. Je ne m'étais jamais sentie autant trahis par quelqu'un... Un bruit de claquement de porte me fit comprendre que Emma était partie au poste.

Au moment où je refermai les yeux, un autre bruit troubla ma détresse. Dring dring... « Qu'est ce qu'on me veut encore... ! » Je n'avais envie que d'une chose, m'enfermer dans ma bulle. C'est dans un dernier élan de courage et surtout à cause de l'agacement de ce bruit, si désagréable, que je répondis au téléphone. «Mademoiselle Blanchard, ici Monsieur Anderson je viens vers vous pour vous demander de passer à l'école pour parler de votre poste... »

« Euh...Euh oui bien évidemment ! »

« Je vous attends pour quatorze heures...au revoir ! »

Cet appel me fit retrouver le sourire. J'allais retrouver mon poste, ce métier qui tend tellement à coeur ! Allais-je retrouver ma place dans cette ville ? Celle de la gentille petite maîtresse de l'école primaire. Mon regard se tourna vers l'horloge du salon qui indiquait une heure qui me fit comprendre qu'il me restait peu de temps avant mon entretien. Je mis que quelques minutes pour me préparer avant de sortir en direction de l'école. En sortant je vis le ciel avoir la même teinte que moi ce matin, grisâtre, brumeuse et surtout prêt à exploser à tout moment. Et bien évidemment je n'avais pas pris de parapluie ! Je décidai de prendre un chemin plus long, mais qui me permettait de ne pas croiser certaines personnes...une personne à vraie dire !

J'avais beau ne pas vouloir venir à cette conclusion je trouvais qu'une personne fautive de mon malheur...David ! Le problème, c'est qu'il était aussi responsable de mon plus grand bonheur...L'amour. Quel sentiment si doux et si déchirant à la fois. En à rien de temps, ce sentiment peut vous réduire à néant... en une phrase, un mot, un regard ou rien qu'un geste. Je brûlais de haine et d'amour envers lui. Pourquoi et surtout comment avait-il put croire que j'étais coupable ?


En un rien de temps, la pluie me trempa sans que je ne puisse rien faire à part courir aussi vite que possible. Cet à cet instant-là que mon chemin croisa celui d'une jolie jeune femme. Il s'agissait de mademoiselle French la petite protégée de Monsieur Gold... J'avais du mal à croire que cette jeune pouvait trouver quelque chose à ce vieux canard boiteux ! Cet avec un regard des plus perplexe que je la regardais sans ne savoir quoi dire.

« Il faut s'abriter, venez ! » « Oui vous avez raison ! » Elle m'invita à rentrer dans une boutique dans laquelle je n'étais jamais encore rentrée, celle de Madame Turkis ! Une femme d'une beauté si froide qu'elle me faisait limite regretter la pluie de dehors. Les lieux étaient si raffinés que je ne me sentais pas à ma place. « Eum... Serait-il possible de nous abriter le temps que la pluie s'arrête ? » Je ne pus m'empêcher de faire un sourire des plus crispés qui ne faisait que transparaître ma gêne. « ...Elle est vraiment très belle votre boutique ! Si...raffinée ! » Je ne connaissais pas ce magasin, mais je n'avais pas besoin de regarder les étiquettes des vêtements d'ici pour savoir qu'ils étaient hors de prix. Une personne attira mon regard, Monsieur Mordred était présent épinglé de tous les côtés. Les deux personnes qui me mettaient le plus mal à l'aise dans cette ville en ne comptant pas Madame le Maire se trouvaient devant moi. Je me sentais prise au piège dans cette prison doré en ne sachant pas quoi faire. « Nous n'allons pas rester longtemps...juste le temps que cette tempête se calme un peu si vous voulez bien !
»
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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Mer 27 Mar - 19:45




Hurricane

Il n’y a rien de naturel dans ces perturbations météorologiques. Le ciel brûle. Un feu d’artifice gigantesque explose au-dessus de nos têtes. J’ai toujours été émerveillé par le déchaînement des éléments, comme si mon âme était réceptive pour une raison que je ne m’explique pas. A la vue de ce sublime emportement, je sens au bout de mes doigts un picotement familier. Mais c’est si diffus que je n’y crois pas au début. Impossible. Pourtant, tout concorde. Ce souffle maléfique…de la magie ? Une pensée fulgurante me traverse l'esprit : et si… ? Je cligne des yeux plusieurs fois. Le choc de cette réalité est plus difficile que prévu.

« Gold quitte sa tanière, c’est chose rare. » Je hoche la tête en signe d’assentiment. J’essaye de rester immobile pour lui faciliter la tâche même si j’éprouve un mal puissant dans ma jambe gauche, séquelle d’une énième crise de paralysie qui a eu lieu deux jours auparavant. C’est de pire en pire. Une légère crispation de la mâchoire en témoigne. Je réponds avec un petit temps de retard : « Oh vous savez comment c’est le business… » Oui elle sait, mieux que quiconque sans doute. Gold m’a fait part dernièrement d’une stratégie imparable, je suppose qu’il y travaille activement. Je ne m’en soucie pas plus que ça à dire vrai, c’est pourquoi je ne m’attarde pas sur le sujet. Habituellement, ma curiosité est piquée au vif, mais là, il s’avère que mes pensées divergent inévitablement et de plus en plus fréquemment pour mon grand plaisir…

L’une de ses remarques me liquéfie sur place toutefois. « Vous faites de nouveau du sport, c’est bien. » Céleste reste imperturbable. Cette femme me connaît trop bien. Je la regarde avec une surprise évidente sur le visage, adoucissant mes traits sur le coup. Je me mords la lèvre inférieure avec embarras pour éviter de lui demander de répéter. Ça me trouble dangereusement. Ce commentaire, autant il me déconcerte complètement, autant il flatte subtilement mon ego. Je bafouille un : « Merci…mon nouveau traitement va peut-être fonctionner cette fois. » C’est tout ce que j’ai trouvé ? Une thérapie amoureuse si je ne m’abuse. Moi-même je me suspecte, c'est dire. Je ne peux absolument pas lui parler de mes frasques…cela serait trop compromettant. Je prétexte donc une nouvelle tentative pour enrayer la maladie qui me bouffe littéralement l’existence. En tout cas, mon corps, lui, ne ment pas. Je me demande si cette musculature est purement psychosomatique…Pas le temps de disserter là-dessus.

Deux jeunes femmes qui ne me sont nullement inconnues pénètrent dans le Lady d’Enfer. Erreur numéro une. Céleste ne supporte pas qu’on salisse sa très chère boutique. Je salue Isabella d’un signe de tête qui semble vouloir dire : on se connaît suffisamment pour nous soustraire à des politesses pompeuses. On se côtoie peu finalement puisque je quitte rarement mon bureau où je fais mon bourreau de travail. Tout ce que je sais, c’est qu’elle compte plus que tout pour mon acolyte. De ça je ne suis pas dupe. C’est peut-être l’occasion d’en apprendre davantage sur la jeune femme.

Mais pour l’heure, c’est plutôt Miss Blanchard qui a toute mon attention. Un sourire épuré s’affiche sur mes lèvres alors que je m’adresse à elle abruptement sur un ton affable malgré tout. « Votre commande est prête, passez à la boutique un de ces jours. » J’aime surprendre mes interlocuteurs. Pour le coup, elle ne s’attend sûrement pas à ce que je mentionne notre transaction secrète. Je cesse là ma brève intervention. Je me garde bien d’interférer dans les propos de ma chère amie. Je ne sais pas pourquoi mais quelque me dit que ça risque d’être épique !


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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Lun 1 Avr - 16:03

Le clapotis de la pluie s’échouant contre les vitrines de la boutique résonnait. Ce son avait quelque chose d’apaisant et de mélodieux, mais en pareille période de l’année, il me rendait furieuse. Alors même que le printemps était tombé sur la ville et que le soleil, la chaleur et les magnifiques robes qui allaient avec devaient être au rendez-vous, il faisait un temps épouvantable. L’hiver avait duré trop longtemps et voilà qu’on nous resservait un automne. Je refusais de voir des centaines et des centaines d’heures de travail pour élaborer une collection d’été décente partir en fumée. Je devais me concentrer sur la veste d’Eléazar pour ne pas me laisser trop emporter dans les mauvaises humeurs.

En touchant son bras je remarquai que celui-ci avait enfin pris conscience de son potentiel masculin et qu’il s’était mis à entretenir sa musculature. Je le lui fis remarquer et son air embarrassé me fit arquer le sourcil. « Ça se voit, inutile de nier l’évident. C’est une bonne chose je vous assure. » M’exclamai-je avant de me remettre à la tâche. « Merci…mon nouveau traitement va peut-être fonctionner cette fois. » Je m’apprêtais à répondre quand le tintement de la cloche attira mon intention. Isabella French et l’institutrice de la ville venaient de faire leur apparition. Cinglante, je pressai mes employées pour réparer les saletés que les deux nouvelles venues venaient de faire.

« Eum... Serait-il possible de nous abriter le temps que la pluie s’arrête ? » Je levai les yeux au ciel. « Une pluie n’a jamais tué personne. » Dis-je en me retournant, plantant malencontreusement une aiguille dans le doigt d’Eléazar. « Pardon très cher. » « ...Elle est vraiment très belle votre boutique ! Si...raffinée ! » « Merci. » Je me levai et me mis à faire le tour de l’estrade, contemplant le travail. « «Nous n'allons pas rester longtemps...juste le temps que cette tempête se calme un peu si vous voulez bien ! » « Votre commande est prête, passez à la boutique un de ces jours. » Je me stoppai et levais les yeux vers Eléazar qui venait de prononcer ces mots. Son sourire aux lèvres était malicieux à souhait, je me retournai alors vers la destinataire de ces paroles, mademoiselle Blanchard. L’air gêné de la jeune femme me tapait sur les nerfs. Mais que diable avais-je bien pu faire pour être affublée de ces contretemps fâcheux ? S’il y avait bien une chose dont j’avais horreur, c’était que l’on me dérange lorsque je travaillais. « Mon dieu, faites donc ce que vous voulez mais cessez de geindre. » Je fis quelques pas de côté, plissais les yeux et me rapprochais de nouveau de monsieur Mordred. « Levez le bras. » La pluie au dehors avait redoublé et des éclairs illuminaient à intervalles réguliers l’extérieur devenu bien sombre.

Quelques minutes plus tard, je posai mes yeux sur mademoiselle French, ignorant l’institutrice d’une manière très désagréable. « Isabella, votre dernière commande n’est pas encore prête, mais si vous êtes impatiente Laura pourra vous montrer ce qui a déjà été réalisé. » Sur ce, je me remis à m’occuper de mon client.


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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Ven 5 Avr - 20:40


Elle devait bien l’admettre, elle aurait largement préféré que le hasard la dirige vers une toute autre boutique. Mais elle eut de la chance dans son malheur en croisant le chemin de cette jeune femme brune qu’elle avait très probablement dû apercevoir ailleurs, au cours de l’une de ses promenades en ville, mais elle était bien incapable de s’en souvenir. Pour l’instant, tout ce qui comptait était de s’abriter et elle avait un peu honte d’admettre qu’elle était soulagée de ne pas avoir à faire face à Céleste Turkis seule. Il est vrai qu’objectivement, elle n’avait aucune raison de s’inquiéter : grâce à Mr Gold, elle était la cliente de cette boutique dans laquelle elle n’aurait jamais pu entrer autrement, et pour cela elle savait que la propriétaire des lieux ne lui aurait pas manqué de respect. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se sentait à l’aise en sa présence. D’ailleurs, à l’instant où elle poussa la porte de la boutique, elle se sentit glacée sous le regard froid de cette femme, un regard qui, elle en avait l’impression, aurait été capable de la transpercer d’un coup.

Elle bredouilla quelques mots, et fut heureusement aidée par la jeune femme qui l’avait accompagnée et qui semblait aussi peu à l’aise qu’elle. En effet, elle imaginait bien que Céleste n’allait guère apprécier de voir son sol ruiné par leurs chaussures trempées et l’eau qui dégoulinaient de leurs vêtements. Mrs Turkis rétorqua d’ailleurs d’un ton cassant qui indiquait clairement qu’elle aurait largement préféré les savoir sous la pluie que dans sa boutique, dans un état pareil. Elle avait néanmoins un peu plus d’égard pour elle que pour sa compagne d’infortune et Isabella ne pouvait s’empêcher de s’en sentir gênée pour elle. Elle aurait voulu trouver quelque chose à lui répondre, mais elle se détourna d’elles afin de s’occuper de son client, un client qui n’était autre qu’Eléazar Mordred. La jeune femme n’en revenait pas de ne pas s’être aperçue plus tôt de sa présence. Elle se sentit plus à l’aise et le salua à son tour d’un signe de tête amical. Elle avait au moins un allié dans la boutique. Durant un certain temps, elle s’était méfiée de lui, jusqu’au jour où il s’était interposé entre elle et Régina Mills. Depuis, elle avait appris à lui accorder davantage sa confiance et à se montrer peu à peu plus amicale. Après tout, si Gold lui faisait confiance, elle pouvait bien le compter parmi ses alliés.

Elle était là, assise près de lui. Elle se sentait pleine de compassion à son égard, mais pas uniquement, non. Depuis quelques temps, elle éprouvait un autre sentiment, bien plus fort. De l’amour. Oui, c’était bien ça, et à présent elle était persuadée que ce pouvait être la solution à tout. Elle posa une main tendre et amicale sur la sienne. « Ainsi, depuis que votre fils vous a quitté, vous n’avez aimé personne... et personne ne vous a aimé... »

D’un coup, Isabella revint à la réalité, presque surprise de se trouver encore dans la boutique Lady d’Enfer, en ce jour pluvieux. Elle leva les yeux, abasourdie, et son regard se posa alors sur le visage de Mrs Turkis, qui l’observait. Elle réalisa alors que celle-ci attendait qu’elle dise quelque chose, mais quoi exactement, elle l’ignorait. « Pardon ? Veuillez m’excuser, je... j’étais perdue dans mes pensées... » Que s’était-il passé exactement ? Une image inconnue était soudainement venue à elle, une image qui avait l’air incroyablement... réelle. Etait-ce seulement possible ? Etait-elle réellement en train de se... souvenir ? Elle n’osait y croire et n’osait repenser à cette vision, de peur que celle-ci ne disparaisse elle aussi de sa mémoire.
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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Jeu 11 Avr - 2:53


L'ambiance dans cette boutique était encore plus glaciale que la tempête qui envahissait les rues de la ville. Ce ''merci'' de Miss Turkis sentait l'amertume qu'elle avait à mon égard. Je devais être pour elle de la vermine qui ne faisait qu'encrasser le sole de cet établissement de luxe. Je regardais mademoiselle French saluer Eléazard. J'oubliais que cette jeune demoiselle était la protégé de Gold. Je ne me sentais pas à ma place ici. J'aurais dû combattre la pluie au lieu de me retrouver dans cette boutique.

« Votre commande est prête, passez à la boutique un de ces jours. » Le sourire figé sur le visage de Mordrerd exprimait la joie qu'il avait de me mettre mal à l'aise devant nos deux camarades. Comment osait-il parler de cela devant d'autres personnes ? Ma situation en ville n'est-elle pas déjà assez compliqué ? On allait bientôt croire que j'allais faire appel à la magie...Ce qui n'était pas faux après tout ! Je regardais la reine des glaces même si je paris qu'elle vient de l'enfer, me regarder avec encore plus de mépris qu'il y a quelques minutes. «Je ne vois pas de quoi vous parler! » J'avais envie d'hurler sur ce vieux serpent pour lui dire ce que je pense, mais je n'avais pas envie de créer une fois de plus un événement qui se retournerait contre moi. Je lui jetais un regard des plus noirs pour lui faire comprendre le fond de ma pensée, même si je sais déjà d'avance qu'il s'en exaltera. J'avais envie de l'attraper et de lui demander si c'était comme cela qu'il traitait tous ses clients. « Mon dieu, faites donc ce que vous voulez mais cessez de geindre. »

Cette dernière remarque me coupa toutes envies. Pourquoi avais-je mis les pieds dans cette fichue boutique ?! Comme à mon habitude je n'aurais pas dû rentrer chez ce magicien ou je ne sais quoi. Je doutais de la réussite de sa potion. Arriver à me faire oublier David. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression d'avoir eu ce désir... Ma rencontre depuis le début avec David n'a rien de sensé après tout. Pourquoi avais-je l'impression de connaître cet homme depuis toujours ? Je ne savais plus ce que je voulais...Oublier pour de bon l'homme que j'aimais afin de ne plus souffrir une bonne fois pour toutes ou rester avec le souvenir de cet homme qui m'avait trahi.

J'espérais qu'une chose, que Miss Turkis enfonce une aiguille en plein de ce vieux tas de chiffons sans coeur. Je comprenais mieux pourquoi Gold avait trouvé fidèle allié chez cet homme. Je compatissais pour ma jolie voisine d'être entourée des personnes les plus craintes de cette ville, comme un pauvre petit moineau pris entre les griffes de ces vieux chats assoiffés de sang. Elle semblait ne pas répondre à la remarque de la couturière. Je regardais mademoiselle French rester figer sur place en sachant quoi faire devant le malaise que ça rajoutait à l'ambiance déjà électrique.

« Pardon? Veuillez m'excuser, je... j'étais perdue dans mes pensées... » « Est-ce que vous allez bien ? Vous êtes toute pâle ! » je lui posais une main sur l'épaule. Elle avait l'air toute tourmentée par quelque-chose. Mais que se passait-il aujourd'hui ? « Je pense que l'une de vos cliente favorite ne se sent pas bien Miss Turkis, vous allez peu-être vouloir bien faire quelque-chose pour elle ? » Je ne pouvais pas m'empêcher d'être agacée par cette femme. Une chose était sûre, cette remarque que je fis avec un joli sourire amer dont-elle savait si bien épingler sur son visage allait me coûter cher.
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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Jeu 18 Avr - 22:16




Such a lonely day

Un trouble persistant détourne mon attention. J’ai comme un sixième sens pour flairer les embrouilles. Je suis dès lors hermétique à ce qui se passe alentour. Cette pluie n’est pas normale. Mon regard est immanquablement braqué sur les vitres bombardées par cette cataracte surnaturelle. L’aiguille de Céleste m’effleure à peine tant mon esprit est ailleurs. Cela me ramène toutefois à la réalité. J’obéis machinalement, lève les bras, écoute les remontrances de la couturière envers ses hôtes. Le ton est nettement hostile, je reconnais bien là Miss Turkis. Son amabilité légendaire me fait sourire. Un véritable spectacle vous dis-je.

L’institutrice semble sacrément remontée, feignant même de ne pas comprendre l’allusion à sa commande. « Je pense que vous avez parfaitement compris où je voulais en venir. Mais soit, n'en parlons plus. » Un sourire sardonique traîne sur mes lèvres cruelles. L'humiliation indirecte à laquelle je la soumets - ô pauvre d'elle ! - ne lui plaît guère. Personne n'est dupe évidemment. Je hausse les épaules ostensiblement. Je me fiche pas mal d’avoir fait preuve d’indiscrétion. Je fais mon boulot, rien de plus légitime donc. Entre nous, ses petites histoires de cœur sont loin d’être secrètes, elles sont même de notoriété publique à ce niveau-là. Vouloir les oublier est peut-être la pire chose à faire...Enfin, je me suis promis de ne pas me mêler des élans d'un cœur si généreux et si pur. Ha. Ha. Ha.

Ignorant superbement le regard noir qu'on m'adresse, je plisse un front soucieux en observant plus avant la protégée de Gold qui ressemble à quelqu'un qui va faire un malaise ou quelque chose d'approchant. Quelle journée riche en émotions ! J'interromps un instant les mesures de mon nouveau costume et m'approche d'Isabella dont la pâleur est légèrement inquiétante. Son regard dans le vide ne me dit rien qui vaille. Pas besoin d'être médecin pour comprendre qu'il y a une discordance quelque part. Je me tourne vers Céleste et lui lance un regard interrogatif comme pour lui demander son avis. Ne devrions-nous pas lui porter assistance ?

Je me contente déjà de poser une simple question à la demoiselle.

« Qu'avez-vous...vu ? »

Je devine à cette perte momentanée de l'ici et maintenant qu'elle a fait un voyage là où elle seule peut se rendre, insoupçonné par nous autres. Elle tire la même tête qu'un de mes patients à la fin d'une séance d'hypnose. Je présuppose un voyage intérieur particulièrement réaliste pour la mettre dans un tel état, mais je ne peux rien affirmer pour le moment.

« Voulez-vous que je vous raccompagne ? »

Sous cette pluie accablante, cela serait la moindre des choses. J’ai de plus juré fidélité à Rumplestiltskin : je me dois de secourir la jeune femme. Non pas qu'elle soit à l'agonie, mais son visage inexpressif suscite une inquiétude bénigne. Sous mon air austère se cache peut-être un homme serviable. Cela serait trop beau si ce n’était pas par pur intérêt. J’ai une folle envie de sortir prendre l'air, allez savoir pourquoi. Le destin ? Absurde.


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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Ven 19 Avr - 12:33

Couper, mesurer, piquer, tirer, contrôler, lisser, personne ne semblait mesurer l’importance qu’avait la concentration dans le processus de confection d’un vêtement. Même le temps s’y mettait. La pluie martelait sur les vitres de plus en plus violemment. C’était à n’y rien comprendre. Le matin, en sortant du loft, les rayons criards du soleil m’avaient offert une excuse pour me promener lunettes de soleil sur le nez. Surtout ne pas plisser les yeux ! Les rides de mon visage étaient déjà bien assez marquées comme ça. La pluie qui s’abattait à présent sur la ville était en total désaccord avec le temps que nous avions eu jusqu’alors dans la journée.

La pluie en elle-même n’est pas une nuisance sonore que je répugne. Le son mélodieux de l’eau qui tombe du ciel et s’entrechoquent sur le sol est même plutôt apaisant, mais les geignards qui les accompagnent eux, je les porte en grippe. C’est exactement ce qui venait de se produire dans la boutique. Entrée avec fracas, exclamations d’horreur dues à l’averse, pieds mouillés souillant le sol : AAAH ! Mes griffes étaient sorties instinctivement, le venin avait été craché sans une once d’indulgence aucune. La seule pour qui j’aurais pu éventuellement faire un effort était mademoiselle French. Elle était depuis peu une cliente régulière qui grossissait le chiffre d’affaires. C’est pourquoi j’avais fini par m’intéresser de sa présence et lui avait proposé de consulter la partie de sa commande qui était déjà créée.

Un silence s’ensuivit pendant lequel je continuai à m’occuper de mon client. Je ne m’en inquiétai pas vraiment, mais lorsque subitement la voix de la belle se fit entendre et qu’Eléazar plissa le front en regardant dans sa direction, je me retournai incrédule vers elle. Mais qu’avaient-ils donc tous ? « Pardon ? Veuillez m’excuser, je... j’étais perdue dans mes pensées... » « Est-ce que vous allez bien ? Vous êtes toute pâle ! Je pense que l'une de vos cliente favorite ne se sent pas bien Miss Turkis, vous allez peut-être vouloir bien faire quelque-chose pour elle ? » Eléazar interrompit d’un geste mes mesures et descendit de l’estrade se dirigeant vers la jeune femme subitement mal. Je fronçai les sourcils et adressai un regard méprisant à la petite institutrice. Pour qui se prenait-elle ? Eléazar m’adressa un regard interrogateur et, d’un geste de la main, je fis signe à Laura de venir en aide à Isabella.

«Voulez-vous que je vous raccompagne ? » Etais-je en train de rêver ? Mais que se passait-il dans cette boutique ?! Etaient-ils tous devenus fous ? « Je vous en prie prenez tout votre temps, après tout nous avons toute la journée devant nous. » Ruminai-je les lèvres pincées à l’adresse de mon client. S’il comptait aller dehors avec le costume que je n’avais pas terminé, il pouvait y rester : je n’allais certainement pas manipuler un tissu endommagé. « La petite institutrice est une bonne garde malades vous savez ! » Dis-je en sommant mes employées de se hâter à tout remettre dans l’ordre (ciseaux, fils, aiguilles, tapis, etc.) Qu’avait-il donc à venir en aide à cette jeune femme ? C’était décidemment une journée bien sombre pour le Lady d’Enfer.

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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Dim 21 Avr - 13:19


Elle ne s’y était pas attendue. Ca avait été comme un éclair qui l’avait frappée, brutalement, sans qu’elle s’y attende. Etait-ce cela ? Un souvenir ? Elle ne parvenait pas à le déterminer. Ces images étaient si étranges, et pourtant paraissaient tellement réelles. Elle était encore trop choquée pour en mesurer les détails, pour mesurer la valeur de ce que cela impliquait. Son retour à la réalité fut presque aussi brutal, lorsqu’elle se rendit compte que Céleste la regardait fixement. Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’elle attendait quelque chose d’elle. Elle se redressa, ne se rendant compte de sa pâleur que lorsque sa compagne d’infortune en fit mention. Non, en effet, elle ne se sentait pas très bien. Elle se tourna d’ailleurs vers la jolie brune et lui adressa un sourire reconnaissant. L’hostilité de Mrs Turkis à son encontre la mettait plus mal à l’aise que tout le reste.

Elle allait répondre vaguement, quand Eléazar lui posa une question qui la déconcerta. Comment pouvait-il savoir qu’elle avait vu quelque chose ? Et est-ce que tout cela pouvait avoir de l’importance pour lui ? Immédiatement, elle tourna la tête vers lui et le fixa, surprise et intriguée. Il s’était approché d’elle. Elle eut le réflexe de secouer la tête. « Rien... non, rien d’important... » Mais il était trop tard, son regard avait de toute manière parlé pour elle. Sa sollicitude contrastait en tout cas avec l’agacement de la propriétaire des lieux, qu’elle n’avait absolument aucun mal à percevoir malgré son léger malaise. Mais cette fois-ci, elle s’en moquait. Elle comprenait que quelque chose était arrivé, quelque chose qui avait une grande importance, même si elle ne le mesurait pas tout à fait pour le moment.

Accepter sa proposition était plus que tentante. Elle avait terriblement envie de rentrer, ne serait-ce que pour se retrouver seule et pouvoir analyser ce qu’il venait de se passer, et surtout, ce qu’elle venait de voir. Elle se sentait prête à accepter, mais il y avait cette pluie torrentielle au-dehors, et surtout, elle se sentait coupable à l’idée de laisser Miss Blanchard seule avec ce dragon qui ne semblait guère l’apprécier. Le ton désagréable de Céleste suffit à la dissuader d’accepter. Elle n’était pas stupide et elle savait parfaitement que celle-ci n’apprécierait pas si son client venait à la quitter alors qu’ils étaient en plein essayage. « Non, ne vous en faites pas surtout. Continuez vos essayages, je peux attendre. »

« Puis-je m’asseoir ? » Sans réellement attendre de réponse, elle s’assit sur le siège le plus proche et peu importe si Mrs Turkis la maudissait pour avoir mis en contact ses vêtements mouillés avec son mobilier. Elle commençait à se sentir agacée de ses allusions vis à vis de cette jeune femme qui avait pourtant l’air si charmante. Déjà, elle se sentait un peu mieux, mais les images, les images revenaient dans sa tête. Elle et Mr Gold, qui discutaient. Ils portaient des vêtements plutôt étranges, mais ce n’est pas ce qui retint son attention. Elle avait vu quelque chose, quelque chose de totalement inédit, et peu à peu elle envisageait que ce puisse être un souvenir, un souvenir qui revenait à la surface...
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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Mar 7 Mai - 3:39


Je commençais à préférer la tempête qui envahissait la ville que de rester parmi ce serpent vicieux et cette vipère sans coeur. Le seul hic, je ne voulais pas laisser mademoiselle French entre leurs griffes. La réponse de Mordred m'énerva au plus haut point. Je sentais mon visage se crisper en voyant son sourire narquois et amusé de me voir nier la vérité. Il est vrai que j'avais fait appel à lui dans un élan de désespoir. Comment pouvais-je croire qu'une « potion » allait m'aider à résoudre mes problèmes de coeur...ou mieux les oublier.

J'étais soucieuse du comportement de ma nouvelle camarade et l'interrogation d'Eléazar m'inquiétait encore plus. Qu'entendait-il par ''ce qu'elle avait vu ?'' Pourquoi aurait-elle vue quelque chose ? Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder l'homme aux milles épingles d'un air interrogateur et méfiant. Mais le regard inquiet de l'apothicaire me fit pressentir que rien de bon n'allait se passer.

« Rien... non, rien d'important... » Pourquoi avais-je l'impression qu'elle niait la vérité ? J'étais plutôt du genre naïve , mais la protégée de monsieur Gold avait encore plus de mal à mentir...

Miss Turkis n'apprécia guerre ma petite réflexion et elle était bien décidée à me le faire payer. Son petit commentaire sur mes capacités à prendre soin de mes patients, me fit comprendre de quel côté elle était et je sentis au même instant mon coeur se serrer. Je savais que je n'étais pas entièrement innocente vue ma liaison avec David, mais prendre se revers de vérité me fit monter presque les larmes aux yeux.

« Je pense que vous devriez rentrer mademoiselle French, aller vous reposer chez vous ! » Pour une fois la proposition d'Eléazar me paraissait convenable. Elle semblait complètement perdue. J'avais l'impression que quelque chose m'échappait. Je n'avais pas besoin de me retourner pour sentir l'agacement de la couturière face à cette situation. Après réflexion, je me demandais ce que j'allais faire si elle partait avec Eléazare. Je n'avais pas la moindre envie de rester seule avec cette couturière, qui je pense, se ferait un malin plaisir de me planter ses épingles en plein coeur. Je ne devais pas penser à moi, mais à cette pauvre jeune femme qui semblait troublée par quelque chose. Je posai ma main sur son épaule tout en la regardant droit dans les yeux avec un sourire afin de la rassurer. « Vous seriez bien mieux chez vous qu'ici ! Monsieur Gold doit sûrement s'inquiéter pour vous ! »

Quel était leur lien entre ces deux personnes ont ne peux plus opposées ? Je voulais bien croire que Gold trouvait cette jeune femme plus que charmante, mais l'inverse m'étonnerai... ! Avait-elle réussit à sortir quelque chose de cette personnalité si sombre ? Une chose était sûre, l'amour pouvait faire des miracles bien au-delà de nos espérances.

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MessageSujet: Re: ● Le dernier jour du reste de votre vie [INTRIGUE#1]   Mar 21 Mai - 21:36



Nevermore

Dehors le déluge. Dedans le déluge. La débâcle, le froid, la tension, le survoltage, le rouge de la colère, le noir de la peur. Nous sommes de simples marionnettes passives et impuissantes entre les mains des Grands de ce monde. Cela ne tient qu’à un fil. J’ai senti l’air s’altérer. J’ai été piqué par ce frisson délicieux…Plus de doute à présent.

Je ne peux pas m’empêcher d’observer cette scène de plus en plus…dérangeante et oppressante. Il faut sortir. Je dois trouver n’importe quel prétexte pour partir d’ici afin de comprendre ce qui nous arrive des cieux. Cet orage est loin d’être naturel. Il faut remettre les choses dans l’ordre et les pendules à l’heure, rebrancher les téléphones, agir. Il s’est passé quelque chose aujourd’hui et c’est peut-être l’occasion que chacun dans ses rêves les plus fous a embrassée. Pour l’heure, je dois régler quelques petites affaires, ça urge.

Embarrassé, je fais tomber la veste d’un geste ample et la dépose dans les bras d’une des assistantes de Céleste. Je me sens sacrément penaud, comme un petit garçon pris en faute. J’ai beau lui adresser un regard contrit adorable, je sais que je devrai faire preuve d’imagination pour me faire pardonner. Je lui enverrai quelques dizaine de bouquets de roses noires pour commencer. Si seulement elle avait la moindre idée de ce qui me tourmente, elle me regarderait sans doute d’un œil moins sévère. Je ne voudrais pas la décevoir, mais il est trop tard pour dire : on coupe tout et on recommence.

Je fais en sorte de calmer le jeu. Pour une fois, j’accueille les paroles de Miss Blanchard comme une bénédiction des dieux. Voilà ma porte de sortie. Le refus de Belle suit une logique qui n’est pas incompréhensible, mais à laquelle je n’adhère absolument pas. Le nom de Gold ne m’échappe pas et je me sens tellement son obligé. Une force supérieure semble prévenir chacun de mes actes. Je ne peux pas m’y soustraire comme je l’entends. Génie un jour, génie toujours, dépassé par ses dettes. Soit.

Je pousse un long soupir et me décide à saisir le bras de la demoiselle au visage blême comme un mort d’une manière galante, bien déterminée cependant. « De gré ou de force, je vous ramène. » Je n’explique rien, il n’y a rien à dire de plus. C’est sans appel. « Ma chère Céleste, c’est fort irrévérencieux de ma part, je vous dédommagerai ce…désagrément. » Le choix des mots est d’une importance vitale. Je la vois qui m’assassine des yeux. Toutefois, je sais où est mon devoir et où va ma curiosité.

Je soutiens la jeune femme et la force à m’emboîter le pas. Je salue au passage la sagesse de Mary Margaret d’un sourire presque sincère. J’ai dit « presque ». Puis nous quittons la boutique. Le vent est diablement excité. J’ai à peine le temps d’entraîner la protégée de l’antiquaire à mon véhicule que nous voilà trempés. Au moment où je ferme la portière, je sens une migraine m’assaillir et une voix, non…plutôt un rire suraigu éclater dans mon crâne. J’ai l’impression que mon rythme cardiaque est drôlement élevé, j’ai les mains en feu, mes yeux brûlent et la douleur de la cicatrice barrant mon œil gauche est insoutenable. J’en ai oublié la présence de Belle. A tâtons, je démarre la voiture et laisse tourner le moteur. Mais c’est dans ma tête que ça rugit.

C’est le dernier jour du reste de notre vie.
Demain sera un lointain songe.
Demain, le souvenir à nos portes, la mémoire qui répond présente.
Nous sommes condamnés ; pour quelle faute, quel délit ? Tout sera identique extérieurement, les haies seront toujours aussi parfaitement taillées, le facteur distribuera le journal comme chaque matin, Madame le maire fera son petit tour du quartier habituel, mais intérieurement, dans la pénombre de nos âmes, dans ce qu’on ne distingue pas encore entièrement, ça ne sera plus qu’un méli-mélo drame.


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