Forum RPG sur la série Once Upon A Time
 
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 Se souvenir de courir [PV Morgana]

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MessageSujet: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Sam 24 Aoû - 18:24



Morgana Ҩ Shéhérazade


Plus loin, juste assez pour fuir et se cacher, se perdre dans l'obscurité et éprouver les ténèbres jusqu'au matin fleurissant, éclatant d'un soleil de plomb sur les plaines et les forêts du monde enchanté. Si l'on ignorait qu'une malédiction avait ravagé cette terre, il aurait fait bon vivre, quoiqu'un peu chaud. Prendre le temps d'observer, se placer en tailleur dans les herbes hautes et humer l'air frais porté par le vent. La nuit qui faisait place au jour n'avait rien d'aussi plaisant, c'était même le contraire. La forêt n'était pas sûre et pourtant Shéhérazade y était perdue. La malédiction avait déjà durée depuis bien des années, mais jamais la jeune femme n'avait trouvé moyen de retraverser les nombreuses terres et océans pour revenir chez elle. De toute façon, que serait là pour l'accueillir sinon un royaume vidé de ses sujets. Elle n'éprouvait aucune rancune, pas de haine, juste une profonde tristesse. Elle essayait de survivre, elle rencontrait des personnes qui avaient échappé à cette tragédie, restait un temps avec eux jusqu'à repartir pour trouver un moyen d'arranger, si possible, les choses. La reine des Milles et une nuit n'était pas idiote, et pas sourde, elle entendait les rumeurs. Et à ses oreilles, ce n'était pas que ça, mais bien plus encore. Elle avait comprit que quelque chose se tramait et que peut être tous ceux qu'elle avait connu, qu'elle avait aimé n'étaient pas mort et disparut à jamais. Peut être pourrait-elle revoir sa soeur, son père ou son mari. Elle l'espérait, et c'était peut être ça qui la faisait encore avancé. Elle n'avait fait que vivre au jour le jour ces dernières années, ne subissant pas les affres du temps, restant éternellement la sublime reine au teint halé qui dénotait dans cet univers froid et vert de forêt. Elle était une perle, une pierre précieuse dans un monde qui n'était pas le sien, et au combien elle aurait voulu revoir les palais de l'orient, le soleil brulant qui vibrait au dessus de leur tête, les déserts herbeux et les forêts lourdes de chaleurs et de pluie battante. Elle voulait revoir ces terres avec ces gens qui lui manquait. Hélas, elle savait qu'elle seule ne pouvait rien changer. Elle n'était pas l'héroïne, elle s'en rendait bien compte. Elle n'était que la conteuse, celle qui, une fois les évènements passés se pressait de les raconter de la meilleure des manières qu'il soit. Oh ça elle le pouvait, parler, elle savait. Rêver, elle ne pouvait plus. Comme si cette malédiction, sans la toucher, lui avait ôté ce qu'elle avait de plus cher après sa famille : l'imagination. De cette vie qui lui restait, ce n'était qu'une coquille assez fade sans toutes les qualités qui l'avaient caractérisé.

Elle n'imaginait cependant pas que la forêt déserté par la vie humaine serait toujours aussi pleine d'animaux sauvage. Par un pur hasard, elle avait prit le parti d'emprunter une route détournée qui ne suivait pas le chemin tout tracé et c'était enfoncé dans les bois dans l'espoir d'arriver plus vite de l'autre côté. Peut désireuse de passer une nuit entière dans ces lieux qu'elle trouvait menaçant – pour avoir raconté nombre d'histoire sur des évènements similaire, elle en finissait elle même par prendre peur – elle fut prise au dépourvu quand la nuit commença à tomber. On lui avait bien dit qu'elle n'y couperait pas, et elle regrettait son choix un peu trop arrogant de croire qu'elle pouvait traverser cette immense forêt en esquivant l'astre lunaire qui ne lui faisait pas envie. Première nuit donc, et pas la plus calme tant les bruits qui rodaient autour d'elle l'empêchaient de fermer l'œil. Elle crut que l'un d'eux en avait les yeux jaunes luisant dans la nuit. Mais ce n'était qu'une illusion. Du moins... elle l'espérait grandement et préférait ne pas chercher à savoir ce que c'était.

Mais un grognement la fit relever de la souche contre laquelle elle c'était adossée. Pas de doute possible, et à la lumière lunaire, elle perçut dans la pénombre la silhouette d'un loup, visiblement affamé, suivit de près par un autre. Oh oui qu'elle regrettait ce choix capricieux de ne pas avoir pris la bonne route. Peut être serait-elle tombée sur une chaumière abandonnée et aurait pu y séjourner en paix. Les yeux apeurés, elle regardait les bêtes guetter, menaçant de leurs crocs de lui sauter à la gorge. Ils n'étaient pourtant pas si proche, mais il leur suffisait d'un saut pour la rejoindre. Shéhérazade se savait trop lente pour réagir à temps, et elle n'était pas le moins du monde une combattante. Fou serait celui qui de toute façon s'attaquerait à des bêtes aussi affamées. Un tremblement lui faucha le corps, et elle manqua de perdre pied. Était-ce la fin qu'elle sentait arriver alors qu'elle n'avait pas encore réussi à trouver un moyen de rejoindre les siens ? Tant de peine pour une mort aussi affreuse ? Destin cruel, pourquoi lui faisait-il ça ? Elle rehaussa le regard, reprenant tant bien que mal une allure fière avant de prendre une décision qui n'était de toute façon que la seule qui lui restait. Fuir. Si elle réussissait, c'était le miracle et la chance de survit, dans le cas contraire, ça ne changerait rien aux faits, elle allait mourir dévorée. Bien que ce ne soit pas vraiment la perspective qu'elle visait.

Les loups ne semblaient pas avoir sentit le stresse qui émanait d'elle, et Shéhérazade profita de ce moment pour fuir en arrière, espérant de tout cœur leur échapper et ne pas trébucher sur une ronce. La pénombre n'arrangeait en rien le cheminement de ses pas, et plusieurs fois elle manqua de s'étaler dans le sol terreux qui signerait son arrêt de mort. Les loups suivaient, elle entendait leur pas courir derrière elle. Dans un désespoir purement humain, elle se résolue à appeler à l'aide, bien que sa fierté – assez mal placée – s'en trouvait touchée.

« A l'aide ! »


Plusieurs fois elle répéta, opérant sur de nouvelles variantes mais toujours dans la même optique, rameuter quelqu'un en mesure de l'aider. Si du moins le hasard et le chance étaient de son côté.
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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Dim 25 Aoû - 20:35


«  La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. »
La nuit était tombée sur Storybrooke et sur le monde des contes; d'un côté de la malédiction des lampadaires illuminaient des rues désertes, de l'autre la lune éclairait la Forêt Enchantée, ses hauts arbres silencieux qui dressaient leurs cimes vers le ciel, ses ruines désertées par les êtres humains, les monstres qui avaient pris leurs places.
Au milieu de ces bois, loin des rares sentiers qui n'avaient pas été envahis par les ronces et autres hautes herbes laissées à l'abandon, loin de tout signe de présence humaine, était allongée une jeune femme. Elle disparaissait presque au milieu des herbes hautes qui chatouillaient sa peau, mais Morgana était étendue sous la lumière de la lune. Malgré la nuit, les températures étaient encore douces, grâce au soleil qui avait chauffé les sous-bois toute la journée : venue pour cueillir des herbes nécessaires à la préparation de remèdes pour Avalon, la jeune prêtresse s'était vue surprise par le crépuscule, et n'avait pas chercher à rentrer sur l'île ou à Storybrooke.
La forêt était parcourue de bruits d'animaux, mais aucun ne faisait dresser l'oreille à la jeune femme. Oiseaux de nuit en chasse, rongeurs courants dans les fourrés, trolls dévorant une proie à des lieux là, branches bruissants dans la nuit.. Elle n'avait pas peur; sa magie lui permettait de se défendre contre les humains et les créatures maléfiques, quant aux animaux... et bien elle était une prêtresse païenne douée de magie : elle n'avait pas la moindre raison d'être effrayée par eux, au contraire. Entre les animaux et les humains... eh bien il n'y avait beaucoup d'humains à qui elle tenait tant que ça.

Morgana appréciait l'état des bois depuis que la malédiction s'était étendue sur eux; sauvages, fiers, primitifs, dangereux. Elle-même devait avoir l'air quelque peu sauvage à être ainsi allongée, les yeux clos et la respiration calme, pieds nus dans l'herbe, au coeur de la forêt. Pour elle, le temps semblait s'être arrêté. « A l'aide ! » Morgana se redressa brusquement et tendit l'oreille; l'harmonie dans laquelle elle était plongée jusqu'à présent venait d'exploser comme une bulle de savon et elle retint son souffle. Elle se tint un instant immobile à scruter la pénombre des sous-bois: après les arbres les plus proches, son champs de vision se perdait dans l'obscurité, dans les branches entre-mêlées. Qui d'autre pouvait être là ? Pourtant, l'appel se répéta, de plus en plus distinct. La jeune femme se releva et s'avança d'un pas prudent vers l'origine du cri : une femme était en danger, mais en danger de quoi ? Se fiant à son ouïe, elle progressa à l'aveuglette, plus vite, évitant les branches qui battaient son visage et s'accrochaient à sa robe pour tomber sur une meute de loup, traquant leur proie.

Les loups n'attaquent pas les humains, c'est la règle; sauf lorsque un) des idiots de chevaliers  organisent une battue deux) une malédiction survient, transforme le monde en catastrophe nucléaire ou presque, et que la nourriture se fait rare. En effet, les bêtes étaient maigres, sans doute affamées, et ce d'autant plus qu'elle allait leur enlever leur dîner, mais il fallait respecter l'équilibre de la chaîne alimentaire: les jeunes femmes en détresse au milieu des bois ne se faisaient pas dévorer par les loups, car défendues traditionnellement par de preux chevaliers. La druidesse se fit une note mentale d'apporter un gibier plus propice à ces bêtes lors de son prochain passage dans la forêt.

En attendant, Morgana se plaça prestement entre les prédateurs et leur proie, faisant rempart de son corps et de ses bras tenus, les faisant piler net. La druidesse soutint le regard du meneur de la petite troupe et plongea ses yeux dans les siens; les yeux verts de l'enchanteresse tournèrent au doré lupin jusqu'à ce le loup baissât timidement la tête et rebrousse chemin, suivit de sa meute. La brune resta un instant immobile : ses yeux reverdirent et son souffle se fit régulier alors que les loups disparaissaient dans les broussailles.

Morgana pivota dans un tourbillon d'étoffes pour faire face à la jeune femme qu'elle venait de sauver. Elles devaient avoir à peu près le même âge et possédaient le même maintien royal malgré le décor, assorti d'une longue chevelure sombre; mais à la différence de Morgana dont la pâleur ressortait dans la pénombre, l'inconnue avait un teint plus sombre, plus exotique et inhabituel pour ces bois.
Avant tout Morgana était une guérisseuse, druidesse de l'île d'Avalon et elle n'avait pas son pareil pour soigner blessures et maladies à Camelot: elle était renommée pour son coeur de glace et son caractère impitoyable à tendance cruel, mais son naturel plus doux revenait au galop lorsqu'une personne avait besoin de secours ( sauf s'il s'agissait de la reine Guenièvre, mais cela était une histoire personnelle ). Elle s'approcha donc vivement de l'inconnue, la scrutant avec attention malgré l'obscurité qui les entourait :

« -Etes-vous blessée ? »




« Si on éradiquait radicalement les cartes de voeux et les cadeaux, Noël deviendrait une espèce de scintillant carnaval païen qui nous distrairait agréablement des rigueurs de l’hiver. »
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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Ven 6 Sep - 18:46



Morgana Ҩ Shéhérazade


Les cris commençaient à rouiller sa gorge, et le froid de la nuit mêlé à l'humidité de la forêt n'arrangeaient en rien cette voix qui commençait à se faner. Elle avait mal aux jambes, avec la curieuse impression de ne plus les sentir. Elle les voyait s'engourdir et bientôt, elles lâcheraient. Shéhérazade craignait un peu plus à chaque secondes que ces loups affamés n'en viennent à la rattraper. Leur maigreur qu'elle avait remarqué l'avantageait sans doute sur le fait que les bêtes avaient trop faim et étaient trop fatigués pour réellement user de leur vitesse complète. Mais la jeune femme était loin d'être une utopiste, elle était bien trop réaliste, malgré le fait que sa vie soit un enchevêtrement de rêve et de cauchemar. Tôt ou tard, si personne ne venait l'aider, elle serait rattraper. Et elle ne donnait pas cher de sa peau par la suite... alors elle continuait d'appeler à l'aide, usant de ses dernières forces, tout en priant le Bon Dieu de lui sauver la mise au moins une fois. Elle ne voulait pas mourir, ou en tout cas pas comme ça. Et puis il fut trop tard, ce qui devait arriver arriva, elle trébucha dans une ronce qui lui coupa le chemin avec une netteté surprenante, entaillant la peau de sa cheville et manquant de briser la jambe encore prisonnière de la plante épineuse. Shéhérazade laissa échapper un cri de douleur, et au moment où elle releva les yeux, voyant déjà sa dernière heure arriver, un miracle arriva.

Une jeune femme, du moins c'était ce qu'elle semblait être à la lumière lunaire assez clair. Du reste, elle ne vit pas son visage, mais observa dans un silence solennel ce qui se passait devant elle. La femme arrêta les loups, net, et sembla leur parler dans un silence que la reine ne comprenait pas. Elle ne chercha d'ailleurs pas à aller plus loin dans des explications, peut être cela viendrait-il plus tard, et si ce n'était pas le cas, ça ne l'empêcherait pas de remercier gracieusement sa sauveuse. Et quelle sauveuse ! Elle n'en croyait pas ses yeux, les bêtes s'éloignèrent, penaudes mais disparurent bien vite à l'orée des bois comme si jamais ils n'avaient été là. La surprise laissant bien vite place à la douleur, et dans un grincement de dent, elle abandonna l'idée de se lever, sa cheville bien trop enflée et ses genoux amochés. Avec peine, elle tenta de bouger son membres endoloris, mais rien n'y fit. Alors pour tenter d'oublier, du moins essayer, elle reporta son attention sur la femme qui venait de la sauver. Celle ci venait de faire volte face avec une élégance hors du commun, toute deux avaient quelque chose de semblable, ce petit quelque chose que Shéhérazade ne remarqua pas immédiatement. Mais la douceur que fit la brune lui réchauffa le cœur, et en peu d'instant, elle eut la sensation de pouvoir lui faire confiance.

« Pas grand chose, je crois que je me suis foulée la cheville et que je me suis coupée avec une ronce. Rien d'insurmontable. »

Pour appuyer ses dires, elle voulu se relever, mais premièrement, la ronce avait encore ses épines bien enfoncées dans la peau halé, et secondement, vu l'état de la cheville, il aurait fallu un miracle pour qu'elle supporte un poids complet. En somme, Shéhérazade faisait la fière, mais bien vite la douleur la rattraperait, et ça, elle n'y couperait pas, même si cela ne risquait pas de franchement la vexée. Tout ce qu'elle voulait, c'était éviter de causer d'autres contretemps à cette femme si aimable qui l'avait aidé. Par ailleurs, il était peut être temps de la remercier.

« Merci de m'avoir aidé. J'ai été sotte de m'éloigner des sentiers par pur caprice. Je m'appelle Shéhérazade. »


Non pas qu'elle eut le besoin de se présenter particulièrement, l'idée était plutôt d'entendre le nom de cette douce personne qui l'avait sauvé. S'assoir dans une meilleure position fut un peu plus compliqué que prévu, mais Shéhérazade en supporta les tiraillements, et malgré la nuit, espéra que son sourire bienveillant se vit. La curiosité refit surface, mais la jeune femme se garda bien de poser des questions par souci d'importuner sa sauveuse, et se contenta d'énoncer une vérité, par raison d'être impressionnée.

« Votre façon d'arrêter les loups était des plus surprenante. Y a t-il quelque chose que je puisse faire pour payer ma dette envers vous ? »

De la façon des plus sincère, elle souhaitait rembourser cette vie qu'elle devait. Car la noblesse de Shéhérazade l'empêchait d'imaginer une seule seconde partir sans vraiment la remercier. Elle n'en aurait surement plus dormit de la nuit d'ailleurs.

[HRP : Désolé du temps de réponse et surtout de ce post vraiment pas top >.< je me reprendrais !]
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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Lun 16 Sep - 17:14

[HJ: C'était parfait ! ♥ … Par contre je suis pas convaincue de cette réponse, je me rattraperais ! ]

«  La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. »
Morgana s'approcha rapidement de la jeune femme immobilisée au sol ; pas besoin d'être une guérisseuse d'Avalon pour soupçonner une blessure lorsqu'une personne pourchassée par les loups reste assise sur le sol humide et terreux d'une forêt. Une telle course-poursuite dans le rôle à plaindre d'une bête traquée était éprouvante, surtout si la jeune femme n'avait pas l'habitude de la vie au grand air et des efforts éprouvants, ce qui avait l'air d'être le cas. Le regard de Morgane n'était aucunement désapprobateur, plutôt compatissant ; les femmes avaient rarement l'occasion, en-dehors de l'île d'Avalon du moins, d'apprendre à courir dans la forêt sans se faire mal et à se défendre contre les loups... ou leur version plus terrible, les hommes. Tout le monde n'avait pas été la disciple de Merlin. Mais le monde serait tellement meilleur si c'était le cas...

« Pas grand chose, je crois que je me suis foulée la cheville et que je me suis coupée avec une ronce. Rien d'insurmontable. » Morgana lui sourit amicalement ; si l'inconnue ne semblait pas à sa place au milieu des arbres et de l'obscurité sauvage des bois, elle ne geignait pas à bout de champ et c'était une qualité qu'elle reconnaissait à sa juste valeur. La fée avait connu des dames de cour qui pleuraient à la moindre piqûre d'aiguilles et qui venait la supplier de leur un sort miraculeux au moindre ongle cassé. La femme en face d'elle méritait bien plus le nom de dame qu'elles, quand elle tentait de se lever alors même qu'elle n'était pas en état. C'était inconscient vis à vis de sa convalescence et de sa guérison, mais cela montrait une certaine force de caractère. Une cheville foulée était surmontable, ou du moins n'était pas dangereuse en elle-même, mais la douleur n'en était pas moins réelle, et ces quelques instants avaient été rudes pour la beauté brune.

« -C'est surtout que vous êtes courageuse...Faîtes attention ! »

Lui demanda doucement Morgana en voyant son mouvement pour se relever. Les ronces où s'étaient prises ses chevilles s'enroulaient toujours autour d'elles, s'enfonçant douloureusement dans sa peau ; un peintre ou un troubadeur aurait pu peindre et chanter la beauté de la scène, transformer l'inconnue en nymphe et mystifier la douleur...mais la réalité était toute autre et le regard de Morgana se posa avec inquiétude sur la cheville déjà gonflée de la jeune femme. Tant de dégâts pour une course au crépuscule, et l'actualisation des lois de la nature. « Merci de m'avoir aidé. J'ai été sotte de m'éloigner des sentiers par pur caprice. Je m'appelle Shéhérazade. »

«- Je ne peux pas vous faire la morale sur cela... Le plus intéressant est souvent hors des sentiers. Mais vous avez eu de la chance.»

Confessa Morgana avec une moue et un sourire charmant.  Et tant pis pour les belles robes ou les manières. Son temps passé hors des sentiers, avec pour seul compagnie les arbres et les animaux sauvages était équivalent à celui passé à siéger dans l'ombre d'Arthur, à Camelot. Elle en avait besoin. Mais Morgane savait se défendre et ce depuis toujours, et n'avait pas besoin du secours d'autrui. Jouer à la demoiselle en détresse l'humiliait et la mettait hors d'elle... à la place de Shéhérazade, elle aurait préféré servir de pâture aux loups plutôt que de devoir se reposer sur l'aide de quelqu'un d'autre : sa fierté et son orgueil n'étaient plus à prouver. « Votre façon d'arrêter les loups était des plus surprenante. Y a t-il quelque chose que je puisse faire pour payer ma dette envers vous ? » Sa remarque sur son intervention cachait mal sa curiosité et cela fit sourire Morgana. La magie intriguait forcément et le plus souvent Morgana utilisait cette facette de son art pour captiver et fasciner ceux qu'elle avait besoin de mettre sous son influence...La beauté lointaine et mystérieuse était un atout gagnant, comme le lui apprenait chaque jour les regards des chevaliers de son frère, du temps où Camelot était encore plein de splendeurs. Mais elle avait également apprise à se faire secrète, car nombreux étaient ceux qui pouvaient la haïr et vouloir la détruire pour ce qui coulait librement dans ces veines, et elle ignora la discrète tentative de la jeune femme. Elles avaient en outre mieux à faire.

« -On m'appelle Morgana. Et vous pourriez me montrer votre cheville, pour commencer. »

La druidesse vint s'agenouiller près de Shéhérazade, alors que celle-ci s'installait plus confortablement. Tout en parlant, elle écarta délicatement les feuilles qui entouraient la cheville de la jeune femme pour dégager les épines qui s'enfonçaient dans la chair avec le plus de douceur possible.

« -Ne faîtes pas la fière inutilement, mon devoir est de soigner ceux qui en ont besoin... et vous n'allez pas passer la nuit ici. »

Bien sûr, que Shéhérazade se sente une dette envers elle n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde. Son sacerdoce initial lui faisait toujours se porter au secours d'autrui de manière spontanée et sans rien attendre en retour. Toutefois, la vie l'avait forcée à abandonner sa naïveté païenne première et lui avait appris à se battre contre ses semblables et à calculer tout ce qu'elle faisait, chaque mot qu'elle prononçait... Elle avait couru à la rencontre de Shéhérazade sans préméditer d'user et d'abuser de la générosité de la jeune femme, mais son offre était toujours intéressant, en temps et en heures, même si elle doutait fortement que la jeune femme, malgré son port royal, puisse lui être de quelconque aide à l'heure actuelle...

«- Un jour, qui sait... Vous pourrez m'apporter votre aide, cela vous convient-il ? »



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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Mer 9 Oct - 0:20



Morgana Ҩ Shéhérazade


C'était sans doute un peu de la fierté, au passage très mal placée, qui faisait que Shéhérazade refusait tout bonnement de paraître pour une faible blessé par une futile ronce dans laquelle elle s'était prise les pieds. Mais plus encore, elle n'aimait pas vraiment être redevable, au risque de devoir justement des choses peu conventionnelles qui allaient contre ses propres convictions. Cela dit, en l'occurrence, elle devait déjà une fois la vie à la sorcière qui l'avait aidé, et allait en plus lui être redevable sur cette blessure à soigner. Par ailleurs, la Reine des milles et une nuit était le genre de personne à penser aux autres avant soit, aussi, elle n'aimait pas passer sur le devant de la scène et déranger plus que de raison. C'était un peu idiot en un sens, mais l'on revenait à cette notion de fierté qui, il fallait le dire, sciait souvent aux reines et princesses autant qu'aux rois et princes. On ne pouvait guère mentir là dessus.
Ce qui expliquait donc cette envie de se relever, être à terre était signe de faiblesse, et Shéhérazade, autant reine qu'elle soit, n'était pas le genre à se lamenter pour un ongle cassé. Si elle avait aimé le luxe de son palais, elle venait quand même de passer vingt-huit années à vagabonder au travers de forêts et autres lieux variés aux paysages tous plus incomparable les un que les autres. Pour elle, il n'y avait cependant que la beauté chaude des milles et une nuit qui était à lui seul une perle, un bijou, un joyau exotique comme elle l'était elle même ici bas.

Elle pesta de douleur, et cessa de bouger tout en faisant attention comme le lui avait conseillé la jeune femme. Et puis même sans cela, elle aurait tout compte fait arrêté. Ce n'est pas dans les projets de la reine de se faire plus de mal. Cela dit, elle pouvait s'estimer vraiment heureuse de ne pas avoir finie en pâture aux loups affamés, et elle préférait nettement la cheville blessée et enchevêtré dans une ronce peu aimable qui semblait à chaque secondes passantes se resserrer pour confirmer sa domination. Curieuse façon de parler d'une plante à épine.

« Je ne doute pas avoir eu de la chance. Mais ce n'est guère par curiosité et intérêt que j'ai prit le risque de sortir des sentiers hélas. »

Là n'était de toute façon plus la question, et à la réflexion, la jeune femme doutait reprendre un jour ce choix risqué de sortir des chemins indiqués. Elle préférait perdre plus de temps en chemin que de rencontrer à nouveau ces chiens enragé qui avaient manqué de la dévorer. Rien que d'y penser, elle en frissonnait de nouveau. Mais elle comprenait dans ces paroles peu caché que sa sauveuse préférait nettement sortir des sentiers battu pour faire face à l'aventure. Non pas que Shéhérazade ne l'aimait pas, l'aventure, mais elle préférait somme toute la conter aux autres au coin du feu sans craindre les risques sinon au pire une extinction de voix.

« Enchantée Morgana. »

Elle voulu répliquer que ce n'était pas la peine, qu'avec un peu de repos et de ménagement, la blessure se guérirait d'elle même, mais l'insistance de la femme brune l'incita à renoncer, si bien qu'elle déplaça sa jambe dans une bien meilleure position, et permettant de lui offrir les soins appropriés. Pas inquiète mais touchée légèrement dans son orgueil, Shéhérazade aurait pu partir dans de grande phrase pour engager une conversation aussi peu intéressante que pertinente – Et Dieu sait qu'elle en était capable – mais elle savait que Morgana comme elles avaient d'autres affaires à penser, et que les banales mondanités étaient devenues bien inutiles, outre le fait qu'elles soient barbantes bien entendu. Aussi, elle se contenta d'un merci, et regarda faire la sorcière. Elle la supposait ainsi aux vues de ses pouvoirs, mais n'affirmait nullement ce caractère là. Shéhérazade préférait une confirmation, mais celle ci ne lui avait pas été donnée, et par ailleurs, elle ne chercha pas plus loin. Si sa sauveuse avait tenu à esquiver la question, alors la reine des milles et une nuit respecterait son choix. D'autant que savoir cela n'allait rien changer quant-au fait qu'elle l'estimait hautement pour l'avoir sauver et faire ainsi preuve de bonté.

Elle remarqua l'étincelle dans le regarde de Morgana, mais encore une fois, Shéhérazade se garda de faire tout commentaire. Oh combien les gens aimaient avoir pour eux les dettes des autres, et elle se doutait bien que sa promesse de redevance n'allait pas ainsi être oublié. Mais la reine avait parlé, et avait promis, et elle tenait quoiqu'il arrive toujours ses paroles. Elle espérait seulement qu'on ne lui demande pas une chose qu'elle répugne, même si elle avait peu de peur là dessus. Cependant, il ne fallait pas se réjouir si vite. Les temps actuels n'étaient pas propice aux dettes à rendre, mais la reine des milles et une nuit espérait que paradoxalement cette situation qui les dévorait allait bientôt changer.

« Cela me convient parfaitement. »

Elle adressa un chaleureux sourire, nullement idiot quant-à la promesse qu'elle venait de faire, parfaitement consciente du chemin sur lequel elle s'engageait, mais bien pour une reconnaissance de tout ce que la jeune femme faisait pour elle. C'était peu, mais c'était tout ce qu'elle pouvait lui offrir en l'instant.

De vagues douleurs, sans doute dues aux épines qui se retiraient une à une de sa cheville. Le silence perdura quelques instant, et la nuit reprit ses droits dans le hululements des hiboux, les aléas du vent charmeur virevoltant entre les feuilles, les faisant vibrer comme des clochettes naturellement muettes. Puis la jeune reine rompit le silence.

« Que faite vous ici Morgana ? Comment avez vous... échappé aux malheurs qui touchent ce monde ? »

Le regard triste, Shéhérazade repensa un instant à son mari disparu, peut être mort. Qui sait ce que le Destin et cette malédiction avaient décidé pour lui. Et qui sait ce qui désormais était réservé aux rescapés.

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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Sam 12 Oct - 15:21


«  La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. »

Après les émotions des derniers instants, le calme de la nuit autour d'elles était presque irréel, le vent chantait dans les branchages, des oiseaux de nuit clamaient leur vie, et la nature avait repris ses droits. L'air même semblait plus pur et intense. Dans une forêt, soit tout est bruit menaçant, soit tout est paix. Elles avaient gagnées un moment de paix. « Je ne doute pas avoir eu de la chance. Mais ce n'est guère par curiosité et intérêt que j'ai prit le risque de sortir des sentiers hélas. » Morgana eut un sourire amusé, la jeune femme semblait plutôt refroidie par sa mésaventure et avide de retrouver la chaleur de son foyer – si cela était encore possible après vingt-huit années de malédiction.

Elle ne demanda pas pourquoi au juste elle s'était aventurée donc hors des chemins : chacun ses affaires et ses secrets. Moins vous interrogez votre vis-à-vis, moins celui-ci se sent le droit de vous retourner les questions. De toute façon, quelque chose soufflait à la fée que de toute façon Shéhérazade ne recommencerait pas de sitôt. C'était dommage, la forêt était splendide de nuit, hors des sentiers battus, et retrouvait aux yeux de la jeune femme tout son caractère féerique. La malédiction avait rendu les bois à la prêtresse, et elle aimait en profiter de nuit – elle vivait à Storybrooke, mais en-dehors des lits des hommes la petite bourgade se révélait d'un inintérêt total, et se promener en forêt de nuit vous aurait valu l'asile psychiatrique ( autant parce que c'était mal vu des personnages de contes embourgeoisé que parce que Regina devenait soudainement paranoïaque.).

La journée, la forêt enchantée avait commencée à être apprivoisée par l'homme ; des sentiers s'y trouvait, on croisait des cueilleurs de champignon, des escortes en carrosse, des enfants trop dégourdis, des cadavres de personnes abandonnées là par la reine Regina... Morgana n'était pas une habituée de cette forêt-ci, et chaque passage qu'elle y avait fait l'avait confortée dans l'idée qu'elle préférait de loin Camelot et Avalon, plutôt que cette forêt prétendument enchantée. Morgana saluait la malédiction, qui rendait la forêt aux animaux sauvages et créatures magiques. Et aux loups affamés, pour le coup.

«  Cela me convient parfaitement. » Grâce à ces loups, Shéhérazade était redevable à Morgana, qui entendait bien faire valoir cette promesse lorsque cela serait nécessaire. Pour l'heure, c'était à elle de- remplir sa part de l'échange. Avec plaisir, malgré les conditions et la nuit humide et froide qui les entourait. Elle s'y sentait obligée non pas par l'échange de promesses qui venaient d'avoir lieu, mais le serment qu'elle avait prêté bien des années auparavant, en devenant grande prêtresse de l'île d'Avalon. Venir en aide au plus démunis, et surtout apporter des soins à ceux qui en avaient besoin – et dans la région de Camelot, ils étaient nombreux. La condition de chevalier semblait aimanter les coups, et ce même en passant son temps à enchanter leurs équipements. De vrais petits garçons à se battre dans la boue. Enfin.
Si Morgana avait, dans le passé, regardé avec dédain les chevaliers dont elle s'occupait – qu'ils étaient braves avant le combat, qu'est-ce qu'ils appelaient leurs mères une fois blessés... et qu'est-ce qu'ils méprisaient les femmes qui leurs sauvaient la vie une fois remis ! Certes ce n'était pas le cas de tous, mais Keu lui resterait pour toujours en travers de la gorge. - elle ne regardait pas du tout Sheherazade avec pitié. La jeune femme était drapée dans sa dignité et ne voulait pas passer pour faible, cela se voyait, mais le regard de la brune était clinique, la voyant avant tout comme quelqu'un à soigner. Et quelqu'un de sympathique sans être une parfaite idiote – quoique Morgana n'était pas renommée pour trouver amicales les personnes imbéciles.

Ses yeux s'adaptaient magiquement à la pénombre et les doigts agiles de la fée entreprirent de retirer une à une les épines qui s'étaient incrustées dans la chair. Le geste était rapide et précis, chirurgical : ne pas s'attarder sur chaque épine engendrait une douleur vive, mais brève. Une fois cela fait les mains de la magicienne effleurèrent la peau mate pour refermer d'un geste les plaies qui n'étaient que légères. A l'instant Morgana était dans une sorte de transe ; sa tâche était simple et répétitive, mais requérait toute son attention et l'atmosphère dont les bois étaient emprunts correspondaient parfaitement à sa foi et son état intérieur. Elle savait gré à Shéhérazade de respecter son silence et de laisser que le souffle enchanteur du vent chanter à ses oreilles. Mais lorsque la brune reprit la parole, la prêtresse reprit doucement contact avec la réalité ; « Que faites vous ici Morgana ? Comment avez vous... échappé aux malheurs qui touchent ce monde ? »

« - Est-il seulement possible d'y échapper ? »

Demanda simplement la guérisseuse, sans relever les yeux. Elle était occupée à farfouiller dans sa sacoche de cuir fatigué pour en tirer un baume enfermé dans une petite boîte précieuse. Elle finit par relever la tête et croiser le regard triste et ailleurs de la reine. Elle était d'une beauté à couper le souffle et avait un port royal, mais était seule, perdue en pleine nuit, dans la forêt. Comme tous, elle avait du perdre tout ce qu'elle avait, les personnes qui lui étaient chères. Morgana eut un sourire las, qui se voulait tout de même réconfortant. Elle éprouvait toujours pour les gens dont la malédiction avait brisé le bonheur, une sympathie mêlée de pitié qui ne suffisait pas lui faire regretter le temps d'avant. Elle avait elle-même retrouvé l'homme qu'elle aimait, son frère, grâce à la malédiction . Elle compatissait à la douleur des autres, mais défendrait farouchement son tout nouveau bonheur si nécessaire.

« -J'ai échappé à la malédiction parce que j'étais sur l'île d'Avalon, mon domaine. Du moins, c'est ce qu'il semble. Cela ne veut pas dire que les malheurs m'ont épargnés, bien que je pense m'en tirer plutôt bien, par rapport aux personnes que j'ai pu croisé ici. Je me débrouille, et ne me fais pas manger »

Tout en parlant, Morgana massait la cheville foulée, les doigts enduits du baume sorti de son sac. Etait-elle censée lui demander comment elle s'en sortait, comment elle avait échappé à la malédiction ? La question était sordide, puisqu'il était évident qu'elle avait du perdre un être cher. Et que Morgana craignait de s'aventurer sur une pente dangereuse, où elle ne serait pas à l'aise. Préférant se concentrer sur ce qu'elle savait faire, elle arracha, sans sommation, une bande de tissu au bas de la robe de la jeune femme – à la guerre, comme à la guerre. Surtout qu'après une promenade dans les bois, la robe avait quelque peu perdu de sa superbe. Elle entoura le tissu autour de la cheville, tout en expliquant, le regard fixé sur sa tâche :

« -Ce baume va aider à faire dégonfler votre cheville, et calmer la douleur, si vous gardez le bandage on ne devrait plus y voir d'ici quelques jours. »

Il s'agissait du savoir-faire des prêtresses d'Avalon et connaissance de la Nature plutôt que magie, même si les doigts de Morgana devaient aider. Elle releva les yeux et eut un sourire doux vers Shéhérazade, tout en se relevant elle-même. Morgana chassa rapidement les herbes et feuilles accrochées à sa robe et tendis les mains vers la brune :

« -Pouvez-vous vous lever ? »
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« Si on éradiquait radicalement les cartes de voeux et les cadeaux, Noël deviendrait une espèce de scintillant carnaval païen qui nous distrairait agréablement des rigueurs de l’hiver. »
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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Mar 5 Nov - 22:44



Morgana Ҩ Shéhérazade


Si Shéhérazade n'avait pas l'air d'une femme à craindre la nature et la nuit, elle n'était cependant pas spécialement friande de ce genre de lieu. En vérité, elle s'en serait parfaitement sortie dans les déserts brulants comme dans les forêts humides et plutôt denses de ses terres que dans ces bois durs et froids qu'elle devait désormais côtoyer depuis la malédiction. Mais, elle n'était pas non plus de ces femmes à voyager et dormir dans la nature pour en profiter. De ses vices cachés, il y avait en elle la passion du luxe et de la richesse qu'elle ne s'autorisait jamais à révéler. Elle était dame, elle était reine, et non aventurière. Elle contait ces histoires, ne les vivait pas, et cela lui allait parfaitement ainsi. Elle avait le don d'enivrer, de séduire et d'hypnotiser par ses paroles, et même si elle ne l'avait jamais gâché à de mauvaises fins, elle se devait de l'entretenir, sans mettre sa propre vie en danger. Elle avait été bête sur ce coup la, qu'importe ce que d'autres pouvaient en penser, elle avait fait une erreur, et ne comptait pas la réitérer. Malgré tout, cette solitude dans les profondeurs du monde enchanté n'avait rien de plaisant, et si elle regrettait l'idiotie de son geste, elle appréciait l'idée d'avoir rencontré Morgana qui de prime abord – elle ne pouvait en jurer avec certitude – était charmante. En tout cas, elle lui était venue en aide et ne semblait pas mauvaise. Mais Shéhérazade n'aurait pas été jusqu'à se fier entièrement à elle. Il y avait un gouffre entre les deux, et elle était certaine qu'il en était de même du côté de la sorcière. Il y avait une bonne entente, mais ça s'arrêtait là. Il était certain que toutes deux venaient d'un monde différent, et au matin venant, il n'y aurait que le souvenir de cette rencontre qui avec le temps finirait pas s'effacer. Ne resterait que cette promesse en suspend, qui un jour sans doute viendrait trouver les mots pour s'exécuter.

Aux vues des gestes précis de Morgana, la jeune femme la laissa faire, observant en silence, se laissant border par le vent frai mais agréable qui semblait chanter entre les feuilles des arbres. Un murmure doux et apaisant, malgré les vivaces douleurs qui réveillaient Shéhérazade à chaque instant. Mais elle avait au moins confiance, puisque tout cela se calmait vite. Elle préféra ne pas regarder la prêtresse faire son œuvre, respectant son art et son travail, se focalisant sur autre chose, jusqu'à ce qu'enfin, elle prononce dans le silence cette phrase, emplie d'une tristesse cachée et dont la profondeur des mots peinait l'âme aimante de la reine des milles et une nuit, à qui les rêves et les espoirs avaient su être brisés une fois, et qui malgré tout continuait de garder le profil droit, et l'honneur dans la cœur. Mais rien, non rien n'aurait pu apaiser sa douleur intérieure, alors qu'elle croyait avoir tout perdu. Était-il possible d'y échapper ? Non, elle n'avait pas tord. Les mots de Shéhérazade avaient été évasif, peu clair, ce qui démontrait son trouble malgré ses efforts pour rester la noble dame qu'elle était. Elle soupira. Mais ne répondit pas. Au fond, même si les mots n'avaient pas été véritablement clair, la jeune femme était certaine que la druidesse avait compris l'ampleur de sa question, et ce qu'elle avait entendu dire par là. Elle attendit, croisant un regard compatissant où elle y décela aussi une certaine pitié, avant qu'enfin, les longues secondes ne s'écoulent et laissent entendre la réponse.

Curieusement, Shéhérazade sentie la dernière phrase lui être adressée, comme un clin d'oeil à ce qui avait manqué de lui arriver. Mais elle n'en prit pas ombrage, se contentant de partir dans quelques réflexions intérieures. La jeune femme faisait aussi partie de ceux qui avaient échappés – plus ou moins – à la malédiction et ne s'était pas retrouvée disparue. Elle n'avait jamais comprit pourquoi d'ailleurs, puisque c'était lors d'une captivité et qu'elle n'avait pu apercevoir ce lourd nuage de fumée qui avait englobé le monde. Du moins, c'était ce que les rumeurs avaient prétendu. Quelques miracles ou simplement terre épargnée par le sort, elle n'en savait que trop rien, mais elle n'était donc pas la seule à avoir échappé de cette manière ci à la malédiction. Comme le prétendait Morgana en tout cas, cette ile d'Avalon était hors de portée. Au fond d'elle, Shéhérazade remarqua que la sorcière n'avait effectivement pas l'air plus concernée que ça, ou du moins le cachée très bien. Par ailleurs, elle s'en tirait pas mal disait-elle. Pourquoi ou comment, ce n'était pas à la reine de le savoir, et elle n'aurait jamais fait l'affront de poser la question. Ça ne la concernait pas, et si elle était curieuse, elle avait encore les capacités de se retenir.

« Il semble alors que certaines terres aient échappé à cette malédiction. Et hélas, nul n'échappent vraiment aux retombées de celle ci. »

Oh Shéhérazade ne parlait pas particulièrement d'elle. Il y avait d'autres personnes qui avaient elles aussi perdu beaucoup. Parmi tant d'autres, elle n'était qu'une victime. Et comme beaucoup d'autres aussi, elle ignorait que les habitants disparus de ce monde étaient encore bien vivant, ailleurs, prisonnier d'une ville et d'une terre sans magie qui les bridaient dans leurs actions et surtout dans leur mémoire. Ça, la reine n'en savait rien. Mais si un jour elle devait apprendre que sa famille et son mari étaient peut être encore vivant, alors rien, non rien ne pourrait l'empêcher d'essayer de les atteindre.

Elle sursauta légèrement lorsque Morgana déchira une bande de sa robe. Bah, vu l'état dans lequel elle était après cette balade nocturne dans les bois, il n'y avait plus grand chose à en espérer. Et si ça pouvait l'aider à aller mieux au plus vite, ce n'était qu'un petit sacrifice. Certains trouveraient toujours à dire que ça ne lui ferait rien perdre de sa beauté. Elle sourit en réponse à ce regard doux que lui lança la prêtresse. Des remerciements qu'elle traduit à voix haute, faisant chanter ses cordes vocales qui à leur manière, elles aussi, pouvaient faire des miracles.

« Merci encore à vous pour tous ces soins et votre gracieuse aide. Je pense pouvoir me lever oui. Le pas chancelant, elle s'appuyant sur le sol avant de se redresser, tentant le moins possible de s'appuyer sur sa cheville qui avait cessé de lui faire mal, mais dont elle avait bien l'intention de ménager les efforts. Loin de moi l'envie de vous ennuyer plus encore par mes questions, mais je me demande, avez vous quelques informations sur cette malédiction, et si, par hasard, il reste quelque chose de ceux qui ont... disparu ? Je sais que cela peut paraître malvenu, mais quelque chose me dit que vous en savez peut être plus. »

Accompagnant ces mots d'un autre sourire, la jeune femme garda néanmoins quelque chose de sérieux dans le regard. Elle n'avait pas de certitude sur ce qu'elle supposait de Morgana, mais son instinct lui disait qu'il y avait peut être quelque chose à apprendre. Et le plus sincèrement du monde, elle ne voulait pas gêner la sorcière face à elle. Non pas qu'elle craigne quelques retombées magiques, mais plutôt de perdre ce début de sympathie qu'il y avait entre elles, malgré sa faiblesse. Shéhérazade n'avait jamais eu envie de s'immiscer dans la vie des autres, ce n'était pas sa place ni dans ses habitudes. Elle surtout, elle estimait ne pas vouloir subir ce genre d'intrusion, aussi, elle ne le faisait pas. C'est pourquoi, les questions n'avaient nullement concerné Morgana directement, mais il fallait sa réponse pour que la reine puisse avancer dans sa quête personnelle. Ce n'était pas d'une nécessité absolue, mais si cela pouvait l'aider à ne pas perdre plus de temps, elle en aurait été très reconnaissante. Néanmoins, comme l'indiquait son regard, elle n'exigeait rien. Elle priait juste qu'on l'aide encore un peu, même si dans sa fierté, elle n'aimait pas l'idée de se servir d'un autre, ou d'avoir recours à l'aide de quelqu'un. Cruel paradoxe, mais il fallait parfois faire des choix, et surtout des concessions. Par les temps qui courraient, rien n'était simple, ni agréable.
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MessageSujet: Re: Se souvenir de courir [PV Morgana]   Mer 13 Nov - 20:52


«  La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. »

Chaque séjour que Morgana faisait sur les terres des contes était délicat. Elle aimait venir ici, car sa magie revivait, résonnant profondément avec cette terre, mais chaque échange était plus délicat que le précédent, tant elle devait choisir chacun de ses mots. Pas question de dévoiler qu'elle possédait les clefs vers Storybrooke ; tous les rescapés de la malédiction avait comme plus cher désir de mettre les pieds dans la ville moderne, mais Morgana ne comptait pas laisser s'effriter ainsi cette malédiction tombée du ciel. La druidesse n'avait pas prononcé le mauvais sort, mais elle en profitait largement. Si la malédiction disparaissait... Elle perdait toute chance d'être avec son frère, et finissait sur un bûcher. Et elle s'était fait le serment que cela ne se passerait pas ainsi,  à tout prix.

« Il semble alors que certaines terres aient échappé à cette malédiction. Et hélas, nul n'échappent vraiment aux retombées de celle ci. » Si, ceux qui, bien au chaud à Storybrooke en ignoraient la simple existence. Et ceux, comme Ursula ou Morgana, qui se moquaient de cette malédiction, l'utilisant à leur gré. Mais cela était un secret bien gardé. Morgana en savait trop, bien plus que les gens du monde des contes...Aussi, elle se contenta de sourire pensivement, calmement. Elle acquiesçait vaguement. Pour quelqu'un resté dans la forêt enchantée, sans connaissance de l'autre monde, c'était ainsi que, sans doute, les choses devaient se présenter. C'était...Désespérant, pour eux.

Elle s'écarta légèrement pour laisser la place à Shéhérazade de se relever, la surveillant avec attention au cas où elle s'effondrerait à nouveau.  Soigner était son premier sacerdoce, son premier travail, et elle haussa simplement les épaules. Elle eut un sourire teinté de fierté lorsque la jeune femme se stabilisa debout. Elle ramassait rapidement ses affaires, satisfaite, lorsque la brune reprit la parole : "Loin de moi l'envie de vous ennuyer plus encore par mes questions, mais je me demande, avez vous quelques informations sur cette malédiction, et si, par hasard, il reste quelque chose de ceux qui ont... disparu ? Je sais que cela peut paraître malvenu, mais quelque chose me dit que vous en savez peut être plus. » Oh. Ooops. Les habitants de la forêt enchantée avaient l'habitude de poser des questions sur la malédiction à tous ceux dont ils croisaient la route – avez-vous mon époux ?  Savez-vous où ma femme est passée ? Où est partie les trois quart de la population ? Comment briser la malédiction ? - mais quand des questions aussi précises étaient posées, Morgana se sentait toujours vaguement visée, en danger. Un instinct de conservation et une paranoïa qui allait de paire avec sa condition de sorcière et son amour incestueux. On apprends à mentir pour se protéger.

Durant toute sa vie, elle avait caché ce qu'elle était et ce qu'elle faisait à toute la cour du roi Arthur, et souvent à ce roi lui-même. Morgana écarquilla ses grands yeux verts dans la plus parfaite incarnation de l'innocence, surprise de la question. Elle secoua la tête, agitant faiblement ses longs cheveux noirs.

« -Non. Je … Simplement, je ne crois pas qu'ils sont morts. Après tout, Regina elle-même a disparu avec tous les siens, elle ne se serait suicidée. Ce n'est pas le genre de la vilaine reine. »


Surtout qu'elle avait encore parlé avec elle il y a deux jours de comment empêcher les habitants de Storybrooke de trop s'inquiéter de la pluie magique qui leur été tombé sur le crâne...Et comment empêcher Ursula de faire n'importe quoi. Morgana glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et choisit de tenter une hypothèse, d'un point de vue strictement magicien  ( les malédictions entrant après tout dans son domaine d'expertise. ) :

« -La magie... tout est possible avec elle, vous savez. Peut-être sont-ils dans un autre lieu, un autre monde, ou même ici, simplement … invisibles, hors temps? Comme le serait Avalon pour les simples humains. Je crains que nous n'ayons jamais l'occasion de le découvrir par nous-mêmes. Je suis désolée. »

Elle eut un faible sourire désolé, apparemment navrée de sa réponse hésitante et somme toute, assez inutile ;
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Se souvenir de courir [PV Morgana]

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